Maman équilibrée

🎊 100 jours de maternage proximal-intensif…!

… ou la cĂ©lĂ©bration de la fin de mon 4Ăšme trimestre de grossesse! 🎊

Vous lisez bien, je n’ai pas fait de fautes de frappe. Je cĂ©lĂšbre mon 4Ăšme trimestre de grossesse! 4Ăšme trimestre que j’assimile Ă  la pĂ©riode de maternage proximal intensif! J’appelle 4Ăšme trimestre les 3 premiers mois de vie du nouveau-nĂ©, car, il a beau avoir vĂ©cu l’expĂ©rience de la naissance, ces besoins sont tels que l’attention qu’il demande s’apparente Ă  un trimestre de grossesse extra-utĂ©rin. Je m’explique…

J’ai eu mon premier enfant en 2009. J’ai alors vĂ©cu la difficile expĂ©rience de ne rien faire comme les autres et ainsi d’essuyer des remarques, rĂ©flexions ou silencieuses dĂ©sapprobations.

  • “Quoi? Mais tu le portes encore?”
  • “Il est encore au sein?”
  • “Il dort dans votre chambre! Fais gaffe, c’est bizarre… Comme ça tu augmentes CONSIDERABLEMENT les risques de mort du nourrissons! En plus c’est un garçon, je serai toi, je f’rai gaffe…”
  • Et le plus difficile Ă  gĂ©rer pour moi “Mais enfin, laisse-le pleurer! Ça lui fera du bien, ça lui fait les poumons, tu vas en faire un filsfils Ă  sa maman!”

Si j’avais eu plus de certitudes Ă  l’Ă©poque, sur les bienfaits de mes mĂ©thodes, je me serai trimballĂ©e sans relĂąche avec cette tasse oĂč que je sois invitĂ©e:

Mais j’avais 27 ans et aucune certitude. j’Ă©tais juste poussĂ©e par un irrĂ©pressible instinct d’agit de cette façon.

Les 3 incontournables du maternage proximal-intensif.

Le maternage intensif (ou “proximal”) se traduit par un allaitement long, le portage du bĂ©bĂ© au plus prĂšs du corps, et parfois le “co-dodo“, qui consiste Ă  dormir avec son enfant dans le lit ou Ă  proximitĂ©.

Le Monde, plus pres de toi mon bebe, 16/01/2010

Bien que le Monde soit une rĂ©fĂ©rence incontournable, je me permets d’ajouter un prĂ©alable qui me semble indispensable ou Ă  tout le moins trĂšs important, l’accouchement physiologique.

Passons en revue ces incontournables du maternage proximal!

I – Accouchement physiologique n’est pas le stricte synonyme d’accouchement sans pĂ©ridurale.

L’absence de pĂ©ridurale est nĂ©cessaire mais pas suffisant…

Ce que je veux dire par-lĂ , c’est que la douleur est importante pas pour elle-mĂȘme mais pour ce qu’elle permet. Ce n’est pas l’absence de pĂ©ridurale qui qualifie l’accouchement de physiologique mais la qualitĂ© de prĂ©sence de la femme accouchante Ă  ce moment-lĂ . Et comme, pour la majoritĂ© d’entre nous, nous ne sommes pas le Dalai Lama, la douleur nous permet de rester dans l’instant prĂ©sent, connectĂ©e Ă  notre corps.

La seule chose qui compte: Habiter la maison!

Il s’agit d’une expression du sage-femme MaĂŻeuticien qui m’a accompagnĂ© pour mes 3 grossesses (vous trouverez ces coordonnĂ©es en fin d’article pour les lyonnaises qui seraient intĂ©ressĂ©es par son accompagnement). La naissance, vĂ©cue du point de vue du bĂ©bĂ©, est un moment extrĂȘmement stressant! Il sent bien qu’il quitte le lieu dans lequel il s’est dĂ©veloppĂ© ces nombreux mois, mais sans ne savoir ce qui est entrain de lui arriver… Beaucoup d’ouvrage expose qu’Ă  ce moment le bĂ©bĂ© croit littĂ©ralement mourrir. Quoi qu’il en soit, c’est pour lui une expĂ©rience qui n’est pas anodine!

Imaginez que vous vous sentiez poussĂ©.e par une force qui vous dĂ©passe Ă  emprunter un tunnel Ă©troit, qui vous demande de vous contorsionner, aucun retour en arriĂšre n’est possible et n’avez aucune idĂ©e de ce qui vous attend de l’autre cĂŽtĂ©… Vous raconteriez sans doute cette expĂ©rience comme un traumatisme.

Deux éléments pourront alors vous aider!

  1. Vous sentir accompagné.e dans ce tunnel par une présence protectrice,
  2. Être accueilli.e dĂšs la sortie du tunnel dans ce monde qui vous est totalement Ă©tranger.

Et bien, pour bĂ©bĂ©, c’est “tout pareil”! Habiter la maison, c’est accompagner en conscience la descente du bientĂŽt nouveau-nĂ© dans notre bassin pour qu’il.elle ne se sente pas seul.e; pour qu’il.elle se sente attendu.e.

Et pour accompagner bĂ©bĂ© en conscience, il faut sentir oĂč il en est de sa progression, ce qui est bien souvent impossible sous pĂ©ridurale.

Alors, et bien que j’ai accouchĂ© 3 fois sans pĂ©ridurale, je sais d’une part, qu’elle est parfois recommandĂ©e mĂ©dicalement et d’autre part que, “bien dosĂ©e”, elle peut permettre Ă  maman de bouger, se lever, sentir son bassin et bĂ©bĂ©. Je ne tiens pas Ă  diaboliser la pĂ©ridurale.

En mĂȘme temps, j’ai aussi constatĂ© les merveilleux bienfaits d’un accouchement naturel non mĂ©dicamentĂ©, et Ă  quel point il m’avait prĂ©parĂ©e physiquement et psychologiquement Ă  accueillir mon bĂ©bĂ©!

L’accouchement naturel illustrĂ©!

L’aide mĂ©moire de l’accouchement physiologique – Illustrations ORBIE

Mes 3 accouchements naturels en détails.

Je ne dĂ©taillerais pas mes accouchements dans cet article, ce serait bien trop long. Heureusement, j’ai eu la grande chance d’ĂȘtre interviewĂ©e par la blogueuse de Et maman tu deviendras. Elle m’a demandĂ©e de lui raconter, du dĂ©sir d’enfant Ă  l’accouchement, comment cela s’Ă©tait passĂ© pour moi. Si vous souhaitez l’Ă©couter, prĂ©voyez du temps (50min) et cliquez ci-dessous.

Pour Ă©couter le podcast de mes accouchements - cliquez ici.

II – Maternage proximal: Un allaitement maternel long et Ă  la demande

Tout commence dans la salle de naissance, quand la sage-femme vous propose d’offrir Ă  votre bĂ©bĂ© sa tĂ©tĂ©e de bienvenue. Il fĂ»t un temps oĂč l’allaitement n’avait tellement pas la cĂŽte, que les professionnels ont dĂ» inviter un terme marketing pour que les mamans mettent leurs petits au sein??!

De la mĂȘme maniĂšre que pour mes accouchements, je ne me suis pas posĂ©e la question de savoir si j’allaiterai ou pas. Dans ma vision naturaliste de la vie, cela me semblait comme une Ă©vidence.

J’avais lu quelques ouvrages sur le sujet et cela n’avait fait que corroborer mon choix. L’ĂȘtre humain est la seule espĂšce animale Ă  avoir le choix de recourir aussi systĂ©matiquement Ă  un lait d’une autre espĂšce pour nourrir ses petits!

Mes interlocuteurs me font parfois des yeux tout rond lorsque j’exprime que:

Mes enfants ne sont pas des veaux. Ils ont droit de construire leur capital santé avec des protéines de lait de femme!!

Oui, je sais, certain.e.s parmi vous auront peut ĂȘtre la nausĂ©e juste Ă  l’idĂ©e de lire “lait de femme”. Et pourtant n’est-ce pas le lait le plus prĂ©cieux? Plus encore que celui d’Ăąnesse et de chamelle – c’est dire! Je suis souvent trĂšs Ă©tonnĂ©e du peu de connaissances des couples Ă  ce sujet; Ah Bon? Le lait maternisĂ© c’est du lait de vache? Euh…..

Allaiter Ă  la demande, c’est combien de fois par jour?

Excellente question! A laquelle il n’y a justement aucune rĂ©ponse. A la demande, cela veut dire quand bĂ©bĂ© en a besoin – et mĂȘme si la derniĂšre tĂ©tĂ©e a durĂ© 2 heures et qu’elle s’est terminĂ©e il y a 20min.

Pour mon aĂźnĂ©, je passais un temps infini Ă  l’allaiter. Au dĂ©but, je me demandais si c’Ă©tait normal? “Tu es sĂ»r que tu as du lait? “J’en entendu cette question de nombreuses fois. Jusqu’au jour oĂč, pour rassurer mon interlocutrice, j’ai pressĂ© mon sein et qu’elle a reçu une bonne giclĂ©e de lait dans l’oeil. ( je ne l’avais pas anticipĂ©.) Bizarrement on ne m’a pas plus posĂ© la question aprĂšs cela…

Je me suis vite rendue compte qu’un bĂ©bĂ© ne tĂ©tait pas que pour manger. Ou plutĂŽt il tĂȘte pour se nourrir de tant d’Ă©lĂ©ments. Des nutriments, certes, mais Ă©galement pour boire, se rassurer, libĂ©rer un trop-plein d’Ă©nergie, calmer une douleur, se faire du bien, s’endormir…

La meilleure des choses Ă  faire est de lĂącher-prise. (dĂšs lors que l’enfant grandit et ne montre pas de signes inquiĂ©tants (Ă©videmment)).

L’allaitement “en public” dĂ©range

Une fois l’apprentissage du lĂącher-prise passĂ©, il m’a fallu apprendre Ă  gĂ©rer les remarques des personnes gĂȘnĂ©es par l’allaitement en public. Je n’en avais pas conscience mais l’allaitement dĂ©range! Pourtant, je ne posais pas non plus mon sein sur la table du dĂ©jeuner le dimanche en famille (en tout cas je n’en ai pas souvenir…) mais j’entendais: “Tu es sĂ»r que tu ne veux pas aller dans la chambre? Tu seras plus tranquille!” J’aurai surtout Ă©tĂ© plus seule!! Ce que j’Ă©tais dĂ©jĂ  toute la semaine. Et pour un long moment puisque la tĂ©tĂ©e durait des plombes!

Je sais que la lutte entre la putain et la madone n’est toujours pas rĂ©volue mais mon mari et moi avions dĂ©jĂ  assez Ă  gĂ©rer de notre nouveau statut de parents pour en plus nous prĂ©occuper des nĂ©vroses des autres!

Si vous souhaitez en savoir plus sur ce que j'appelle la lutte entre la putain et la madone, je vous invite à lire mon article L'harmonie dans le couple à l'arrivée du premier enfant: entre perte de repÚres et sueurs froides! Comment (s')en sortir et créer un équilibre à 3. 

Allaitement long? C’est combien de temps?

Au dĂ©but je me suis retranchĂ©e derriĂšre les prĂ©conisations de l’OMS. Allaitement maternel exclusif de 6 mois – Ă©tait ma rĂ©ponse systĂ©matiquement Ă  “Mais tu l’allaites encore?” Evidemment j’aurai aussi pu dire đŸ€Ź, mais je n’osais pas… Ă  l’Ă©poque…😉

Le truc, c’est que mon enfant a grandi et que mon astuce ne fonctionnait pas au-delĂ  du 6Ăšme mois! Pour la littĂ©rature, un allaitement est considĂ©rĂ© comme long au-delĂ  de 1 an; Mais pour certaines personnes, c’est carrĂ©ment de l’inceste au-delĂ  de 6 mois.

J’ai allaitĂ© mon premier enfant 13 mois, le second 31 mois et la troisiĂšme est toujours en cours d’allaitement (c’est un peu le sujet de l’article en mĂȘme temps). Je crois que les Ă©tapes se sont succĂ©dĂ©es, mais pour moi, mes petits Ă©taient toujours en Ăąge d’ĂȘtre allaitĂ©s.

La reprise du travail, les premiĂšres dents, puis le dĂ©placement Ă  4 pattes, l’acquisition de la marche et enfin de la propretĂ©, n’ont pas rĂ©ussi Ă  me dĂ©cider au sevrage.

J’attendais que ce soit mon enfant qui dĂ©cide d’arrĂȘter. Ce moment tardait Ă  arriver et c’est moi qui ai mis fin Ă  mes deux allaitements. Le premier Ă  13 mois car mon enfant se rĂ©veillait toutes les 2 heures la nuit et que j’ai cru mourir d’Ă©puisement au bout d’une annĂ©e. Le second Ă  31 mois car la perspective de sa scolarisation m’a poussĂ©e au sevrage. “C’est bon? Il est propre votre enfant pour sa rentrĂ©e? ” “Oui, par contre, pas sevrĂ©!” Ah bon…

Who Shot It Better? Breastfeeding from TIME & Babytalk – blog.photoshelter.com

III – C’est quoi cette connerie de maternage proximal? Tu vas juste l’habituer aux bras!

Porter ou ne pas porter: telle est la question?

Comme je le disais plus haut, je ne supporte pas de laisser l’un de mes bĂ©bĂ©s pleurer. Dans mon systĂšme de rĂ©fĂ©rences, un bĂ©bĂ© qui pleure est un bĂ©bĂ© qui lance un appel de dĂ©tresse. Et comme je suis sa mĂšre, je me sens lĂ©gĂšrement concernĂ©e! C’est Ă  moi qu’il lance son appel et il me semble qu’il est de ma responsabilitĂ© de lui rĂ©pondre.

C’est drĂŽle comme les mĂȘmes personnes peuvent vous rĂ©pliquer que le bĂ©bĂ© n’est qu’un tube digestif ambulant pour vous dire ensuite qu’il est entrain de faire un caprice. Par pitiĂ©! Comment pourrait-il Ă  la fois avoir le systĂšme cortical d’un lombrique tout en pouvant Ă©laborer des stratĂ©gies Ă  des fins manipulatoires!

Pour le portage aussi, les choses se sont faites naturellement pour moi. Mon bĂ©bĂ© cessait de pleurer lorsque je le portais et pleurait lorsque je le posais. Bon, et bien c’est clair! Non?L’expĂ©rience est assez simple Ă  rĂ©aliser – donc je le portais. Comme mon dos en souffrait, j’ai achetĂ© une Ă©charpe de portage et ne m’en suis plus sĂ©parĂ©e.

Il y a 10 ans, il Ă©tait prĂ©conisĂ© de laisser l’enfant pleurer 5 min, d’aller le voir, puis de le laisser pleurer 10 min, d’aller le voir, puis de le laisser pleurer 15 min, d’aller le voir Etc… Vous aurez compris le principe. Jusqu’Ă  qu’il arrĂȘte de pleurer. Ok, il ne pleure plus, mais pas parcequ’il est calmĂ© et rassurĂ©, uniquement parcequ’il est lassĂ©! LassĂ© d’appeler et de s’apercevoir que les adultes qui doivent prendre soin de lui en ont dĂ©cidĂ© autrement. Je n’ai jamais pu appliquer cette mĂ©thode. J’ai du essayer deux minutes avec mon deuxiĂšme pour ne plus jamais y penser.

Mais? Elle le porte tout le temps, son bébé!

L’Ă©charpe de portage n’est pas seulement une alternative Ă  la poussette dans les dĂ©placements!

Je ne porte pas mes enfants uniquement pour sortir. Je les porte sur moi toute la journée et toute la nuit dans les premiÚres semaines. Mon 4Úme trimestre de grossesse est une période de portage intensif.

Je sais aujourd’hui que cela les aide Ă  rĂ©guler leur tempĂ©rature plus rapidement, Ă  atteindre une synchronisation respiratoire renforcĂ©e, Ă  fortifier leur chakra racine, le chakra de la sĂ©curitĂ©, Ă  avoir une meilleure conscience de leur limite corporelle!

J’Ă©lĂšve mes enfants pour qu’ils soient autonomes et aient une grande confiance en eux! Cela passe inĂ©vitablement par le comblement de leurs besoins vitaux dans les premiers mois de vie. J’en fait un objectif de responsabilitĂ© parentale pendant les 3 premiers mois. Je sais que leur confiance en eux se construit Ă  partir de la confiance qu’ils ont en leur papa et moi.

Oui! Je n’ai jamais mis mes enfants dans un transat et oui, je les ai clairement habituĂ©s aux bras et en conscience. Je rĂ©pondais aux personnes qui ne comprenaient pas, que je souhaitais gaver mes enfants d’amour, pour que rassasiĂ©s, ils puissent quitter jeunes la maison.

Mes enfants ne seront pas mon bĂąton de vieillesse. 

Je suis toujours dĂ©sespĂ©rĂ©e de constater que les personnes qui ont le plus de mal Ă  laisser partir leurs enfants sont ceux-lĂ  mĂȘme qui ont le moins investis la relation des premiĂšres annĂ©es. Je constate que contrairement Ă  l’idĂ©e rĂ©pandue, les enfants maternĂ©s intensivement sont prĂȘts, une fois adolescents, Ă  parcourir le monde loin de leurs parents. Et je trouve cela juste! Je les Ă©lĂšve pour eux et non pour moi. 

IV – Le co-dodo ne tue pas la libido

Le concept du « co-dodo Â», ou sommeil partagĂ©, termes inspirĂ©s de l’anglais « co-sleeping », dĂ©signe le fait pour les parents de dormir dans le mĂȘme lit que leurs enfants en bas Ăąge.

Il n’est pas conseillĂ© de dormir avec l’enfant entre les parents de cette façon. Une tempĂ©rature trop Ă©levĂ©e des corps et le risque d’Ă©touffement sont prĂ©sents.

Dans l’article du Monde citĂ© plus haut, il est fait rĂ©fĂ©rence Ă  l’expĂ©rience d’une mĂšre qui co-dodote et la question de la libido est rapidement Ă©voquĂ©e.

La nuit, le petit dort dans son lit de bĂ©bĂ© installĂ© dans la chambre des parents et parfois, s’il se rĂ©veille, il lui arrive de finir dans le lit parental, “mais dans une turbulette, pas sous la couette”, prĂ©cise Herrade. La sexualitĂ© du couple n’en est pas perturbĂ©e : “On emmĂšne le bĂ©bĂ©, endormi, dans une autre piĂšce.” L’aĂźnĂ©e a dormi jusqu’Ă  2 ans dans la chambre de ses parents et la cadette jusqu’Ă  4 ans. “La petite enfance, c’est le meilleur moment pour remplir le rĂ©servoir affectif des enfants, explique la jeune femme. Cela construit leur confiance et les rend beaucoup plus indĂ©pendants que les autres.”

je suis clairement d’accord avec herrade

J’ai adoptĂ© diffĂ©rentes mĂ©thodes avec mes 3 enfants. Cela paraĂźt anodin mais se lever plusieurs fois par nuit pour rĂ©cupĂ©rer un enfant et lui proposer le sein est infiniment plus Ă©prouvant que de faire un demi-tour sur soi et coller bĂ©bĂ© au sein.

Notre premier enfant a beaucoup dormi avec nous, il tĂ©tait tellement que c’Ă©tait le seul moyen pour moi de ne pas passer ma vie debout ou assise. Avec le second, j’avais installĂ© un fauteuil dans notre chambre dans lequel il Ă©tait Ă  la fois confortable d’allaiter et de dormir. Quand bĂ©bĂ© Ă©tait en sommeil profond je le dĂ©posais dans son lit installĂ© prĂšs du notre. Du coup, pour le sexe, il fallait ĂȘtre inventifs, c’est nous qui sortions de la piĂšce. J’avais d’ailleurs amĂ©nagĂ© un espace dans la chambre d’amis.

Pour notre troisiĂšme, c’est moi qui dort dans sa chambre.

Pour notre troisiĂšme enfant, j’ai installĂ© dans sa chambre:

  • mon fauteuil d’allaitement dans lequel je dors lorsqu’elle est au sein ou qu’elle a besoin de dormir dans mes bras,
  • un lit d’appoint dans lequel je dors tandis que bĂ©bĂ© dort dans le sien.

C’est clairement la solution qui ma convent le plus car notre chambre parentale a Ă©tĂ© sanctuarisĂ©e. C’est notre chambre de parents POINT. Avec l’arrivĂ©e du troisiĂšme, je crois avoir eu besoin de sĂ©curiser mon couple car nous devenions en infĂ©rioritĂ© numĂ©rique! Sans rire, j’ai vraiment ressenti ce risque d’avoir les enfants qui prennent trop de place.

“We need men” – Les hommes sont nos meilleurs alliĂ©s.

J’en profite pour rendre hommage et remercier mon Ăąme-soeur, l’homme de ma vie, celui qui rend tout possible, qui me soutient, me fait me sentir femme et mĂšre, celui qui m’a toujours dit dans les moments de doute “Tu es leur mĂšre, Ă©coute toi, tu as la rĂ©ponse en toi!” Aujourd’hui, il accepte de faire “chambre sĂ©parĂ©e” depuis 104 jours Ă  l’heure oĂč j’Ă©cris ces lignes. Alors, merci mon amour!

Je suis trĂšs triste de la dĂ©valorisation des hommes dans leur rĂŽle de pĂšres. Entre les publicitĂ©s qui n’hĂ©sitent pas Ă  nous dire qu’un bon pĂšre est un papa qui brave les Ă©lĂ©ments pour se rendre au MC Do ou encouragĂ© Ă  aller s’acheter une voiture alors que sa femme vit ses premiĂšres contractions.

Nous ne nous rendons pas service en likant les posts de madame connasse lorsqu’elle exprime que les hommes se sentent utiles auprĂšs des femmes alors qu’un bon plaid chaud fera bien l’affaire! Les hommes ont une place Ă©minemment importante! C’est parce qu’ils nous sĂ©curisent que l’on peut se lancer dans les mĂ©andres du maternage proximal et en ressortir plus belle, plus puissante, plus femme qu’auparavant.

Le maternage proximal-intensif n’est pas qu’une partie de plaisir!

Peut-ĂȘtre qu’aprĂšs avoir lu ces lignes vous n’imaginez pas pratiquer, tant cela demande de temps et d’Ă©nergie. Oui, je ne dirais pas le contraire. Mais franchement, le bilan coĂ»ts / avantages est largement excĂ©dentaire.

Ce qui m’amùne à la derniùre partie de cet article.

A tous ceux et celles:
Qui pensent qu’avoir des enfants c’est faire preuve d’égoĂŻsme, 
Qui prennent un chien pour s’entraüner à devenir parents,
Voire mĂȘme, derniĂšre nouveautĂ©, qui achĂštent des plantes vertes pour s’entraĂźner Ă  avoir un chien, qui lui leur donnera les premiers apprentissages pour devenir parents, je dĂ©die ces derniĂšres lignes.

Le maternage proximal intensif demande de l’abnĂ©gation et un don de soi hors du commun. Nous n’avons que peu, de mon vĂ©cu dans nos sociĂ©tĂ©s modernes, d’expĂ©riences comparables ! 

Alors, je vous le demande, oĂč est-ce que je suis Ă©goĂŻste? Dans laquelle de ces colonne suis-je au contraire altruiste? Je vous aide…

AL _ _ _ I S T _ _ G _ Ï _ _ E
Matinée AVEC mes enfants Matinée SANS mes enfants
🕔 Je me lùve à 5h 🕕 Je peux me lever à 6h
🔕 Je profite du silence pour prendre soin de moi (mĂ©ditation ou lecture ou soins du corps ou sport)đŸ§˜đŸœâ€â™€ïž Je mĂ©dite
đŸ„ŁđŸŠ Je prĂ©pare le petit-dĂ©jeuner des enfants👟👟 Je fais mes 7 min de sport
đŸ’„ Les enfants se lĂšventđŸ„Łâ˜•ïž 🗞 Je petit-dĂ©jeune longuement et en silence et lis les nouvelles
👕 J’aide les enfants Ă  s’habiller ou vĂ©rifie que tout est mis dans le bon ordre🚿💄Je prends le temps de me faire belle👗
⚖ J’interviens pour dĂ©partager, rĂ©pondre, encourager, rĂ©parer, aider, rassurer.đŸ’»đŸ‘ ☕Je prends le temps de traiter mes mails et visualiser ma journĂ©e en dĂ©gustant un deuxiĂšme cafĂ© (le luxe!)
đŸ€Ș Je pars travailler (en faisant un dĂ©tour par l’Ă©cole) avec un quotas Ă©nergĂ©tique Ă  80%.✹Je pars travailler fraĂźche et dispo avec un quota d’Ă©nergie Ă  150%.

100, 101, 102, 103… Je ne mets pas fin subitement au maternage proximal de mes enfants.

Materner intensivement dĂ©marre trĂšs fort et diminue progressivement. Cette pratique ne s’arrĂȘte pas du jour au lendemain. Je fĂȘte les 100 jours car c’est le moment oĂč je sais que la “maturitĂ©” de l’enfant permet de dĂ©buter le plus ou moins douloureux ou salvateur mais nĂ©anmoins fameux, dĂ©tachement.

ConcrĂštement, cela va se traduire pour moi par le fait que je vais commencer Ă  confier mon enfant pour qu’une autre personne prenne soin d’elle en dehors de ma prĂ©sence. La premiĂšre et seule personne pour l’instant, est son papa. J’ai pour habitude de ne jamais confier mes enfants Ă  des personnes qui ne sont pas absolument ravies de passer du temps avec eux.

Pour un nouveau-nĂ© en cours de maternage proximal, mes rĂšgles sont claires: IdĂ©alement, il est gardĂ© chez lui – dans son environnement, avec une personne qui a Ă  coeur de prendre soin de lui et surtout surtout ne le laissera pas pleurer sans prise en charge. Evidemment qu’on ne peut pas toujours comprendre nos bĂ©bĂ©s, mais il y a une grande diffĂ©rence entre les laisser pleurer dans un coin et leur verbaliser que nous ne comprenons pas, et en sommes dĂ©solĂ©s, en le cĂąlinant et les assurant de notre indĂ©fectibles amour et prĂ©sence!

Combien de temps dure un maternage proximal.

A la question combien de temps dure un maternage proximal, je rĂ©pondrais environ jusqu’au 7 ans de l’entant. Cela ne veut Ă©videmment pas dire que l’on dort avec eux ni les allaitons autant. Je vous rappelle que cette pratique demande un investissement quasi intĂ©gral au dĂ©but (22h / 24) pour un dĂ©tachement progressif. L’idĂ©e est d’ĂȘtre lĂ  pour eux tant qu’ils en ont besoin et l’on remarque assez facilement qu’ils ont assez rapidement plus autant besoin de nous.

Il m’est arrivĂ© que le dĂ©couragement et la colĂšre m’envahissent lorsque j’aimerai faire autre chose que:

  • apporter Ă  l’un de mes enfant des brocolis Ă  1h10 du matin // dormir,
  • faire « 5 cĂąlins, 3 histoires et ma chanson Ă  moi » – maudits soient les auteurs de Baby Boss // me faire les ongles,
  • lancer une machine Ă  laver par jour et plier une tonne de linge // lire en sirotant un thĂ© chaud,
  • ranger les playmobiles car franchement, marcher dessus ça fait vraiment mal aux pieds et qu’aux miens, c’est dingue? // blogger,
  • dĂ©clarer les frais de la nourrice aux URSAFF // lire,
  • prĂ©parer Ă  manger pour 4 alors que je mangerai volontiers quelques sushis accompagnĂ©s de macarons // manger quelques sushis accompagnĂ©s de macarons.
  • La liste est encore longue, mais je me suis dĂ©jĂ  bien dĂ©foulĂ©e…

Le maternage proximal intensif consiste Ă  faire passer ses enfants avant nous et Ă  satisfaire leurs besoins avant les nĂŽtres. Bien que l’expĂ©rience soit challengeante, j’en suis toujours ressortie vivante dĂ©jĂ , mais aussi grandie, avec une meilleure connaissance de moi et plus proche de ma vraie puissance.

Les indispensables pour se lancer dans l’aventure du maternage proximal.

Il est indispensable d’ĂȘtre soutenue dans son quotidien. Par votre homme, idĂ©alement je pense, mais cela peut aussi ĂȘtre la place d’un.e mĂšre / pĂšre, d’un.e ami.e, soeur / frĂšre, voisin.e… Vous aurez besoin d’une personne qui prĂ©pare vos repas, vous fait quelques courses, tourner quelques lessives et s’occupe des plus grands s’il y en a. Et ceci, au moins pendant les 3 premiers mois.

Il est nĂ©cessaire Ă©galement d’avoir confiance en soi et en sa capacitĂ© d’ĂȘtre la mĂšre q’il faut pour cet enfant prĂ©cis au moment prĂ©cis oĂč il nait.

Enfin, je conseillerai d’avoir une bonne bibliographie pour Ă©tayer ses rĂ©ponses lorsque le moral est parfois un peu bas. Je donne d’ailleurs la mienne Ă  la fin de cet article.

La mĂšre “good enough”

Mesdames, chers parents, l’important est de s’Ă©couter pour se lancer dans ce qui est juste pour nous.

Et ce n’est manifestement pas Aldo Naouri – pĂ©diatre et auteur – qui me contredirait.

 Nos sociĂ©tĂ©s occidentales ont retirĂ© leur soutien Ă  l’instance paternelle pour voir le patriarcat annihilĂ© avec l’installation d’une forme de matriarcat dĂ©goulinant d’amour qui a obĂ©rĂ© plus qu’on ne l’imagine la maturation des enfants.

Donc, apprenons Ă  lĂącher prise, la sociĂ©tĂ© ne nous demande surtout pas d’ĂȘtre parfaite mais simplement “Good enough” c’est Ă  dire “bonne suffisamment” selon la fameuse expression de Winnicott.

Le maternage proximal a d’intensif qu’il est court sur la durĂ©e. Il s’agit de mettre en oeuvre les conditions d’un attachement inconditionnel pour dĂ©buter dĂšs que l’enfant est prĂȘt un dĂ©tachement progressif.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis heureuse de cĂ©lĂ©brer l’avĂšnement de ces 100 jours. Ce maternage proximal prend fin dans sa forme la plus intensive. Je suis heureuse d’avoir su, une fois encore, donner sans compter et recevoir dans l’amour en dehors de toute notion de sacrifice.

Merci d’avoir lu cet article? Et vous? Que vous inspire le maternage proximal? L’avez-vous pratiquĂ©? Trouvez-vous que c’est trop exclusif? Votre avis et votre expĂ©rience m’intĂ©resse! Partagez-les dans les commentaires!

Bibliographie

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10 rĂ©flexions au sujet de “🎊 100 jours de maternage proximal-intensif…!”

  1. Article trĂšs intĂ©ressant ! Pour ma part je ne suis pas maman mais cela donne matiĂšre Ă  rĂ©flexion. Je trouve cette approche motivante et me semble en effet plus adaptĂ©e que de laisser pleurer… attitude que j’ai toujours trouvĂ© Ă©trange. Elle engendre du stress pour tout le monde : enfant, parents, voisins…
    Quand nous nous sommes vues au cafĂ©, Ă  aucun moment je n’ai trouvĂ© bizarre ton attitude, au contraire, tu dĂ©gageais une sĂ©rĂ©nitĂ© avec ton bĂ©bĂ© tout contre toi 🙂 C’est inspirant !

    1. Merci Juliette, je suis heureuse de te lire. Il est vrai que le portage et l’allaitement me permettent d’aller absolument de partout avec mon bĂ©bĂ©. Bien Ă  l’abri et au chaud tout contre moi, je peux profiter de bons moments de partage entre adultes et ne vis pas la solitude du congĂ© maternitĂ© comme peuvent le redouter certaines mamans. C’est aussi parce que j’habite en ville et que je n’ai pas besoin d’une voiture pour mes dĂ©placements.

  2. La semaine prochaine je fĂȘte mes 10 mois de maternage proximal !!! Je ne regrette pas du tout ce choix que j’avais aussi fait pour ma deuxiĂšme mais que je ne connaissais malheureusement pas pour mon ainĂ©… je ne sais pas si c’est du Ă  cela, mais je trouve que mon fils est moins confiant que ma deuxiĂšme fille lorsqu’il est face Ă  une situation nouvelle. Quand on est en promenade il panique dĂšs qu’il nous perd de vue. En tout cas, Ce temps que nous avons pas pris avec lui quand il Ă©tait bĂ©bĂ© est perdu Ă  jamais. Beaucoup de gens qui trouvent bizarre d’ĂȘtre aussi proche de son bĂ©bĂ© font aussi partis des gens qui clament que ça passe trop vite… alors profitons de ces moments qui sont magiques pour les petits et les parents 🙂

    1. Merci AurĂ©lie pour ton retour d’expĂ©rience et fĂ©licitations pour tes 10 mois! Tu ajoutes Ă  mes constatations empiriques que le maternage proximal est un booster de l’estime de soi. Je te rejoins sur le “ça passe trop vite”. Je ne me retrouve pas dans la phrase “j’aimerai revenir en arriĂšre pour profiter de mes enfants” – Je sais que je n’aurai pas pu en profiter plus que je ne l’ai fait!

  3. Merci Sonnya pour cet article! J’ai Ă©galement vĂ©cu 3 accouchements “physiologiques”, sans pĂ©ridurale, et qui se sont trĂšs bien passĂ©s. Mes enfants ont trĂšs naturellement trouvĂ© leur chemin! J’ai choisi l’haptonomie avec mon conjoint pour prĂ©parer mes 3 grossesses, et je recommande trĂšs vivement cette approche qui va bien au-delĂ  de la grossesse et accompagne autant la maman, le papa et le bĂ©bĂ©. Fonder sur la relation affective, elle sĂ©curise vraiment l’enfant tout en l’accompagnant vers l’autonomie.
    Pour l’allaitement, j’ai eu un vĂ©cu trĂšs difficile, et je crois qu’il faut ĂȘtre trĂšs attentif Ă  ne pas culpabiliser les mĂšres qui n’arriveraient pas Ă  allaiter. Mieux vaut des parents donnant de maniĂšre dĂ©tendue des biberons, qu’une maman qui veut ĂȘtre parfaite et allaiter, et se trouve Ă  bout de nerf car elle voit qu’elle n’arrive pas malgrĂ© tout ses efforts Ă  ce que son enfant soit rassasiĂ©… (c’est du vĂ©cu!)
    Bonne continuation!
    Anne-Laure

    1. Anne-Laure merci pour ton partage! Je te rejoins sur la dĂ©culpabilisation du discours car c’est loin d’ĂȘtre simple ni mĂȘme permis Ă  toutes. C’est vraiment la vocation de mon paragraphe “good enough”. En mĂȘme temps, quand je lis que 92% des accouchements ont lieu sous pĂ©ridural en France et qu’en moyenne un allaitement dure 6 semaines, je me dit qu’il est important de porter un discours fort pour encourager Ă  tester cette pratique de maternage intensif. Encore merci pour ton commentaire.

  4. Merci pour cet article et tous tes partages. Merci pour la place que tu donnes aux pĂšres qui sont souvent Ă©branlĂ©s : d’abord par l’accouchement (quelle transmission, quelles connaissances ont ils ?) puis par la place que prend ce nouveau nĂ©. Sans eux, tout serait tellement plus difficile dans le maternage proximal ! Merci aussi de rappeler qu’un accouchement physiologique n’est pas un accouchement sans pĂ©ri ! La douleur est un guide, elle nous permet d’accompagner notre enfant et de passer ce cap initiatique du Devenir MĂšre !

  5. Salut Sonnya,

    Je suis admirative de cette capacitĂ© Ă  “se donner” entiĂšrement Ă  ses enfants. Je n’ai pas pratiquĂ© le parentage proximal mais je trouve ton tĂ©moignage trĂšs beau et j’imagine qu’il peut inspirer d’autres femmes.

    Je voudrais Ă©galement dire Ă  toutes celles qui ne se sentent pas capable ou pas Ă  l’aise avec l’ensemble de ces pratiques, qu’elles en ont aussi le droit 🙂 Et qu’il y a probablement autant de façon d’ĂȘtre mĂšre que d’enfants sur Terre.

    Reste Ă  nous inspirer d’un tĂ©moignage comme le tien pour rĂ©flĂ©chir sur nos propres dĂ©sirs et besoins dans notre rĂŽle de parent.

    1. Valentine, merci pour ce commentaire qui exprime en quelques mots mon intention profonde. Cet article n’a pas vocation Ă  convertir mais Ă  donner matiĂšre pour faire ces choix de mamans / parents.

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